[L]a révolution numérique est […] une rupture dans la manière dont nos sociétés produisent, partagent et utilisent les connaissances. […] Les changements sont intellectuels, religieux, psychologiques autant qu'économiques ou politiques.
[Le bouleversement numérique] n’est pas seulement un processus matériel ; il ne se réduit pas à la prolifération d’objets, d’écrans et autres gadgets que l’industrie commercialise. Il s’accompagne de discours incessants, de récits relevant de la science-fiction ou de l’essai futuriste. Un gigantesque appareillage idéologique accompagne et justifie le déferlement de l’informatique.
[U]n ensemble de pratiques discursives, qui ont leur propre normes et conventions et qui tendent à fragiliser, à perturber des catégories et valeurs établis.
« Il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique. […] Le numérique, pratique éminemment interactive, exige [en effet] de comprendre en faisant et de faire en comprenant. Jamais ces deux faces de l'apprentissage n'ont été aussi étroitement articulées que dans le cas des technologies numériques.
[L]'histoire sur le numérique est un champ de recherche jeune, issu d'une historiographie puisant à de nombreuses sources. Devenue composante de l'histoire des médias, après avoir été une composante de l'histoire des techniques et de l'innovation, elle dispose de multiples facettes : de l'histoire de l'informatique à celle des cultures numériques, elle est un champ en construction et en expansion très ouvert à d'autres disciplines.
Most of the current crop of histories of the Internet can be characterized as “teleologies” or “Whig history.” This is a style of writing that takes the present to be the end point toward which history has been unfolding. Teleological histories seek uncomplicated explanations, often based on a single cause for an historical epoch. In the case of Internet history, the epoch-making event is usually said to be the demonstration of the 4-node ARPANET network in 1969. From that single happening the global Internet developed.
La plupart des travaux de recherche sur l'histoire de l'Internet peuvent être qualifiés de "téléologies" ou d'"histoires Whig". Il s'agit d'un style d'écriture qui présente le présent comme le point final vers lequel l'histoire s'est déroulée. Les histoires téléologiques cherchent des explications simples, souvent basées sur une seule cause pour une époque historique. Dans le cas de l'histoire de l'Internet, l'événement marquant est généralement identifié comme la démonstration du réseau ARPANET à 4 nœuds en 1969. C'est à partir de cet événement unique que l'Internet mondial se serait développé.





Your computer is on fire. Humankind can no longer afford to be lulled into complacency by narratives of techno-utopianism or technoneutrality, or by self-assured and oversimplified evasion. [...] Every established or emerging norm needs to be interrogated […]. The long-standing dismissal or evasion of humanistic and social scientific critiques of computing and new media is over. It has to be over, because to allow it to continue is simply too dangerous.
Votre ordinateur est en feu. L'humanité ne peut plus se permettre de se laisser bercer par des récits de techno-utopisme ou de technoneutralité, ou par des dérobades simplistes et pleines d'assurance. [...] Chaque norme établie ou émergente doit être interrogée [...]. Le rejet ou l'évitement de longue date des critiques humanistes et de sciences sociales de l'informatique et des nouveaux médias est terminé. Il faut que ce soit fini, car il est tout simplement trop dangereux de le laisser perdurer.
La surveillance exercée par la Gestapo et l'extermination des Juifs ont reposé sur l'organisation et le traitement d'une masse considérable d'informations à l'aide de milliers de machines mécanographiques Hollerith.
Les Big data nous acheminent tout droit, au nom de l’optimisation de toute chose, vers un monde de décisions opaques prises par des automates au détriment du décideur humain et d’un fonctionnement démocratique de la société.
La « rationalité » algorithmique donne à voir la face dystopique du projet de société de l'information. À force de compter, finalement seuls les nombres comptent.
Nous demeurons partout enchaînés à la technique et privés de liberté, que nous l'affirmions avec passion ou que nous la niions pareillement. Quand cependant nous considérons la technique comme quelque chose de neutre, c'est alors que nous lui sommes livrés de la pire façon: car cette conception, qui jouit aujourd'hui d'une faveur toute particulière, nous rend complètement aveugles en face de l'essence de la technique.
[C]learly technological information is the most prominent layer of the contemporary cultural landscape, and increasingly it is more of a flood than a layer, a deluge that threatens to erode, suspend and dissolve its predecessors.
Il est évident que l'information technologique est la couche la plus importante du paysage culturel contemporain, et cette couche est en train de se transformer en inondation, un déluge qui menace d'éroder, de suspendre et de dissoudre ses prédécesseurs.
One reason to be wary of utopian or dystopian [...] theories is that they encourage a tendency toward blanket denunciation and renunciation of the internet, or the blanket opposite, when what is needed is a piecemeal evaluation of this or that use of it, this or that tool that is enabled by the internet metatool.
Une des raisons pour lesquelles nous devons nous méfier des théories utopiques ou dystopiques [...] est qu'elles encouragent une tendance à la critique et au rejet global de l'Internet, ou l'inverse, alors que ce qu'il faut, c'est une évaluation à la pièce de tel usage, de tel ou tel outil rendu possible par le méta-outil qu'est Internet.
Internet est l'équivalent d'une imprimerie universelle, personnelle, ubiquitaire, instantanée et très bon marché.

