[N]ous ne vivons pas dans le même monde que la rhétorique antique et la parole n’y est pas contrainte par les mêmes dispositifs ; ce qui était une discipline unique, la rhétorique, est aujourd’hui éclaté en diverses disciplines théoriques et pratiques qui ont des intérêts distincts [...].
[L'objet] de cette théorie est l'étude des techniques discursives permettant de provoquer ou d'accroître l'adhésion des esprits aux thèses qu'on présente à leur assentiment.
Le sens d'un énoncé comporte, comme partie intégrante, constitutive, cette forme d'influence que l'on appelle la force argumentative. Signifier, pour un énoncé, c'est orienter.
Une plaidoirie a une nette visée argumentative : elle se donne comme objectif premier de faire admettre l’innocence de l’inculpé que l’avocat a pour tâche de défendre, ou de présenter des circonstances atténuantes qui diminueront sa peine. Une description journalistique ou romanesque, par contre, aura une dimension plutôt qu’une volonté argumentative. Elle apparaît souvent comme une simple tentative de donner à voir un pan de réel ; elle ne désire pas prouver, et parfois même s’en défend. Elle ne peut manquer, cependant, d’orienter le regard et de conférer au paysage ou au personnage qu’elle prend comme thème une coloration et un sens particuliers.
L’hétérogénéité sémiotique de ces nouvelles productions littéraires permet de mettre en évidence que la dimension non seulement verbale mais également visuelle, iconique-textuelle, audiovisuelle, sonore et musicale de ces œuvres possède un potentiel d’« argumentativité »
En étudiant la place de l’outil dans l’imaginaire des auteurs de littérature numérique, notre démarche vise à dégager certains éléments d’énonciation potentiellement apportés par les outils‐logiciels, que nous appelons « rhétoriques », destinés à structurer de façon stratégique le contenu apporté aux auteurs, à les influencer jusqu’à un certain point dans leurs choix, et à formater ainsi en amont les discours qu’ils vont adresser à leur tour à des lecteurs. Il nous semble en effet intéressant de pointer ce que les outils « dévoilent » comme stratégies de manipulation, ou pour reprendre une expression de Stéphane Vial, comment ces outils nous font « apparaître » le monde. Comme l’auteur d’un texte numérique anticipe lors de l’acte d’écriture sur les pratiques du lecteur, l’outil propose des discours qui constituent un ensemble d’implicites anticipant sur les pratiques de l’auteur‐concepteur d’œuvres de littérature numérique, dont la conséquence serait la création d’un paradigme de l’« impensé ».
With the emergence and, now, ubiquity of Internet-based communications, it is long past time to revive the rhetorical canon of delivery. Not your father’s Oldsmobile but an updated vehicle, an expanded and retheorized notion of delivery designed for the distinctive rhetorical dynamics of Internet-based communication. […] Understanding how the range of digital delivery choices influences the production, design, and reception of writing is essential to the rhetorical art of writing in the digital age. Rhetoric theorists need to understand this point, as do HCI (human-computer interaction) designers, technical communicators, digital media developers, etc., as the point pertains in fundamental ways to web-based writing and communication.
The term rhetorical velocity, as we deploy it in this webtext, means a conscious rhetorical concern for distance, travel, speed, and time, pertaining specifically to theorizing instances of strategic appropriation by a third party.
In the inventive thinking of composing, rhetorical velocity is the strategic theorizing for how a text might be recomposed (and why it might be recomposed) by third parties, and how this recomposing may be useful or not to the short- or long-term rhetorical objectives of the rhetorician. In this sense, the rhetorician weighs the positive and negative possibilities of different types of textual appropriation against desired objectives: “If I release the video in this format, could the video be used in this way, and would it be worth their time to do this? And would it be supportive of my objectives for them to do that?" And in this sense, the theorizing of the question of “is it worth the time to do this” calls into question a set of economic and material concerns.
[T]out ce qui, dans l’énonciation discursive, contribue à émettre une image de l’orateur à destination de l’auditoire. Ton de voix, débit de la parole, choix des mots et arguments, gestes, mimiques, regard, posture, parure, etc., sont autant de signes, élocutoires et oratoires, vestimentaires et symboliques, par lesquels l’orateur donne de lui-même une image psychologique et sociologique.
[L'ethos est] construit sur la base deux mécanismes de traitements distincts, l’un reposant sur le décodage linguistique et le traitement inférentiel des énoncés, l’autre sur le regroupement de faits en symptômes, opération de type diagnostic, qui mobilise des ressources cognitives de l’ordre de l’empathie.
[L]a représentation sociale qui catégorise le locuteur, sa réputation individuelle, l’image de sa personne qui dérive d’une histoire conversationnelle ou textuelle, son statut institutionnel et social, etc.